La compagnie l’Essoreuse est née en 2002 de la rencontre des interprètes féminines qui la constituent lors des ateliers de butô menés à Saint-Denis par Sèverine Delbosq. La dimension collective et l’identité féminine de cette communauté artistique se manifestent dans son fonctionnement et dans ses créations. Le butô tissant la toile de fond, la diversité de formation des interprètes (danse contemporaine, théâtre, butô, mime corporel, dessin, écriture, photographie), celle de leurs professions et ou statuts (artiste, enseignante, maman, intermittente) maintient vivant le questionnement sur le sens donné à la création chorégraphique, aux œuvres, au mode d’organisation qui les rend possible.

Aujourd’hui plusieurs essoreuses trouvent, dans leur parcours artistique personnel, une reconnaissance dans le milieu de la danse contemporaine, du clown, de la rue, du théâtre… : l’amitié profonde qui lie ces huit femmes, composé de Sabine Courrèges, Sèverine Delbosq, Marie-Pierre Lagarrigue, Zohra Mecheri, Laurence Mersegair, Maxence Rey, Delphine Senechal, Odile Steinauer fait de la Compagnie un espace d’intimité idéal qu’elles tiennent à préserver pour prendre le temps de tester de nouveaux processus, ou des entrecroisements de matières tels que mouvement – voix – texte.

Performance - Qu’avez-vous fait de mes dons ?

Hanter - Ex voto est un projet lié à deux recherches essentielles que la Cie l’Essoreuse a mené ces dernières années. Chacune d’entre elle a ses racines au lieu même du nouvel éco-quartier, au coeur de cette deuxième tranche de ville construite sur l’emplacement des anciens entrepôts, entre les deux bras de la Seine. Il s’actualise naturellement dans la Maison fleuve, se projette au moment de l’inauguration de cette maison au mois de septembre et souhaite s’intégrer à ses activités les prochaines années.

Présente lors des grands événements militants sur la cause de l’eau (Printemps maraîchin, Village de l’Eau…) la Cie l’Essoreuse s’est jointe en 2023 aux recherches de l’artiste plasticien Yan Tomasewski, remontant à Sources Seine à l’an zéro lorsque les 7 sources de la rivière Sequana étaient lieu de dévotion. Dans l’ancien sanctuaire, des rites païens prêtaient aux eaux - et aux gestes en sa direction - le pouvoir de guérison ; ces rites évoquent la fonction hydro-regénérative du fleuve sauvage, car lorsqu’il n’est pas domestiqué la rivière purifie. Les ex voto du 1er siècle av.JC, multiples sculptures de bois retrouvées intactes dans les vestiges d’anciens bassins, fournissent une matière chorégraphique particulièrement puissante.

Pour l’inauguration, la compagnie L’Essoreuse présente une performance, Qu’avez-vous fait de mes dons ? au sein de la Maison Fleuve. La recherche chorégraphique que les essoreuses mènent avec l’éponge, élément scénographique privilégié dont les états et consistances se transforment avec l’élément liquide, interroge l’eau ressource au centre d’enjeux environnementaux majeurs.

​Eponges, calebasses, avant le règne sous-terrain des tuyaux
Eponge qui soigne, caresse et désaltère
Posée à n’importe quel endroit, la mer tout autour s’invite…