Une résidence à la Maison Flottante en juin 2026.

Iris Delcourt vit et travaille à Paris.
Elle nourrit une réflexion sur l’image et le geste pictural à travers une pratique du texte et du textile. Elle expérimente et développe des processus manuels hybrides, faisant se rencontrer les gestes précis de l’artisanat textile et ceux plus spontanés de la peinture. Elle brouille les frontières entre les médiums à la recherche d’images indirectes, décalées de la réalité, qui apparaissent comme des reflets dans l’eau, des mirages, ou encore des figures au bord de la disparition.

Démarche artistique


Le travail d’Iris a d’abord pris la forme d’un texte écrit en 2024, La femme qui dort, construit autour de son expérience en tant que mannequin cabine dans une maison de Haute Couture. Elle y mets en scène un personnage qui se dédouble, qui s’échappe d’un corps soumis aux regards, déformé par des vêtements étroits, ballotté de mains en mains dans la salle d’essayage. Cette femme s’échappe de son corps vers un ailleurs fantasmé, constitué de décors de tableaux dont elle se souvient, et dont les figures qui les occupent sont celles, seules et insondables, de femmes endormies. Elle voit dans ces figures un reflet troublé, se retrouve confrontée à d’autres femmes qui s’échappent, par le sommeil cette fois, dont elle ne peut qu’imaginer l’ailleurs secret derrière les paupières closes, imperméable, lui, aux regards. Elle projette dans ces tableaux des histoires, des actions, des souvenirs qui s’y confondent pour former des récits hybrides.
Iris expérimente des savoir faire à la lisière de plusieurs médiums, qui s’entrecroisent au sein même du processus. Les pistes se brouillent entre la peinture, l’impression et le tissage. Elle met en place des processus expérimentaux autour de ces pratiques. Un travail lent, minutieux, qui traverse plusieurs machine et différents savoir faire.


Parcours de l’artiste


Iris Delcourt est née en 2002 à Paris où elle vit et travaille. Elle est diplômée du secteur Design Textile et Matière de l’École des Arts Décoratifs de Paris en 2025.


Retour sur expérience


Ma résidence à la Maison Flottante a été une résidence de recherche, j’y ai trouvé le temps et l’espace de réfléchir et de produire dans la continuité de mon projet de diplôme, mais avec de nouveaux outils et de nouveaux questionnements. Comment créer après l’école ? Les matériaux, les outils sont à redéfinir, les contraintes, les temporalités et les envies changent. Préparer ma candidature m’avait déjà permis de mettre des mots sur mon travail, sur mes questionnements de comprendre que j’avais bien un terrain de recherche et d’expérimentation.

Le temps de résidence et la solitude engagent ces questionnements mais je tiens à dire que le lieu m’a plongée dans un état introspectif et de contemplation intense ; clos, symétrique, la structure voutée, en bois, enveloppante, posée sur l’eau et où tous les évènements et sons de l’environnement et de la nature sont amplifiés. Le mouvement de l’eau, le bruit de la pluie sur la tôle, le grincement des cordes et de la péniche amplifient ce sentiment de vulnérabilité que j’ai ressenti en vivant sur l’eau.

Avec le texte comme avec le textile, je travaille à partir de souvenirs, qui sont convoqués, réactivés par des lieux, des gestes, des paroles. Peu à peu, beaucoup de souvenirs ont empli l’espace de la Maison Flottante, qui n’avaient pas toujours de lien particulier avec le lieu mais la place de surgir ici. Ils s’altèrent peu à peu, se mêlent les uns aux autres, constituent les décors de récits fictifs. Le vécu ne se distingue alors plus du rêvé.Le souvenir de la Maison Flottante et de mon temps passé là-bas est à présent lui même devenu une source d’inspiration, un lieu imaginaire pour projeter des récits et que je vais continuer à faire vivre de cette façon. Ce temps à la fois très court et très long m’a permis de confirmer mon envie de mettre le tissage et l’impression au centre de mon travail, de poursuivre mes recherches sur le texte et la façon dont il peut exister avec le textile, ainsi que le besoin de trouver un lieu pour imaginer tout ça !


Portes Ouvertes


portes ouvertes : le samedi 20 juin de 11h à 12h30

Au programme :
11h00 – Regards croisés : artistes en résidence & savoir-faire

Rencontre et échanges autour de l’expérience de résidence, de son impact sur le processus créatif et des liens entre création contemporaine, savoir-faire et territoire, à la Maire de Poses (88 Rue des Masures, 27740 Poses)

Avec :

  • Iris Delcourt, designer textile, en résidence en juin 2026
  • Agathe Bejerano-Calderon, luthière, ancienne résidente de la Maison Flottante, installée aux Ateliers Saint-Cyr à Vaudreuil


12h00 – Visite de l’atelier de résidence d’artistes

Découverte de la Maison Flottante à Poses, lieu de création, de recherche et d’accueil des artistes en résidence porté par le cneai =.


Entrée libre sur inscription – 30 personnes maximum
Sur inscription par mail : public@cneai.com


Partenaires


La résidence bénéficie du soutien et est accompagnée par :
la Ville de Poses,
de l’Agglomération Seine-Eure
et du Département de l'Eure.