Une résidence à la Maison Flottante en septembre 2026.
Le travail de Laurine Kotte s’articule autour de la pratique du textile, de la couture et de la broderie. Elle interroge la notion de rituel, via le costume notamment, le lien social et les multitudes de récits occultés, dans un travail de mémoire et de réparation.
Démarche artistique
Laurine brode directement sur ces vêtements qu’elle coud.
Point par point, perle par perle, la broderie devient un geste de réappropriation du corps et de réparation symbolique. Le vêtement n’est pas seulement ornement : il est un lieu où l’identité se négocie, se révèle et se perçoit. Il indique des appartenances sociales, culturelles, religieuses ou de genre, tout en assignant parfois des fonctions hiérarchiques ou discriminantes, subies ou revendiquées.
Le textile, et plus particulièrement le costume, agit comme une
interface entre soi et le monde : il permet de devenir, temporairement, la personne que l’on choisit d’incarner.
Sa recherche porte sur les secondes peaux processionnelles : textiles portés ou installés, qui matérialisent des récits intimes et collectifs. La broderie participe à la construction de ces communautés symboliques, en rendant visibles des mémoires, des colères et des histoires occultées, là où les mots manquent. Au sein de tous ces récits réprimés, Laurine y tisse un lien : les mythes païens effacés par le christianisme, la broderie décrédibilisée par le patriarcat et les revendications des sociétés marginales écrasées, violentées par le capitalisme. Elle souhaite contribuer à l’émergence de rituels contemporains où le textile devient un langage partagé, capable de transformer la vulnérabilité en force collective.
“J’imagine des textiles criards, colorés, démesurés, se révoltant en armée, occupant l’espace public comme une harde symbolique, partant du folklore d’une temporalité déconstruite, d’un retour du passé au présent, d’une temporalité conçue non plus comme une linéarité, mais comme un ensemble de nœuds.”
Parcours de l’artiste
Après un lycée en arts appliqués, Laurine suit une première formation au DMA de Roubaix en dessin d’animation, ce qui l’a menée plus tard à rentrer à l’EMCA à Angoulême. Ce n’est qu’après l’école qu’elle renoue avec la broderie. Elle croque et peint pour trouver une confession, les figures s’imprègnent de leurs émotions et prennent vie sous les fils de broderie. En 2025, elle approfondit sa dextérité avec une formation au crochet de Lunéville auprès de Soline du Puy et obtient son CAP Broderie d’Art. Elle perfectionne ses parures et ses textiles, s’imposant tous deux comme une couche supplémentaire du réel, pourtant palpable, mais recouvert de l’invisible en nous.
Les partenaires
La résidence est soutenue par l’Agglomération Seine-Eure et le Département de l’Eure.