L’objet de la recherche du laboratoire Edith a trait aux œuvres et créations éditées. Le laboratoire est initié par l’école supérieure d’art et de design le Havre-Rouen (ESADHaR) en collaboration avec le Cneai et l’université de Haute-Alsace à Mulhouse (UHA). Son activité prend trois directions distinctes et complémentaires, sous les intitulés : « Edith recherche », « Edith édite » et « Edith expose ».
L’équipe est constituée de treize chercheurs, tous historiens de l’art ou du design graphique, artistes ou commissaires d’exposition. Une quinzaine d’anciens étudiants apportent également leur contribution au laboratoire.

Contours et spécificités

L’observation engagée par Edith couvre la période allant des années quatre-vingts à nos jours, en France comme à l’étranger. Les raisons de ce choix chronologique résultent du constat de l’existence d’une historiographie internationale regorgeant d’exemples bibliographiques qui, de la fin des années cinquante à la fin des années soixante-dix, traite de ces éditions spécifiques.

La première spécificité des productions appréhendées est d’être élaborées en grande partie par des artistes et des graphistes – et aussi mais dans une moindre proportion par des créateurs issus d’univers, de domaines et de scènes autres. Le champ que constitue cet ensemble se conforme aux intitulés suivants de multiples, livres, livrets, revues, magazines, catalogues, affiches, flyers, cartes postales, dépliants, journaux, CD-ROM, DVD, vidéos, K7 audio, autocollants ou encore d’édition numérique et publications en ligne.

Au-delà des principes inhérents de multiple et de diffusion qui caractérisent d’emblée ces créations éditées, c’est aussi la qualité d’ « auteur » de leur initiateur et l’idée attenante d’un « territoire d’indépendance » qu’elles représentent pour eux, qui les réunit et les définit.

Dans le foisonnement d’un domaine qui ne s’épuise pas, dans l’extrême diversité des objets, Edith dessine des lignes de clivages, élabore des critères, pense les variables d’une problématique, un mode d’organisation et une terminologie précise.
Néanmoins afin de ne pas être non plus dans une logique cumulative de différences et de particularismes qui conduit à trop isoler esthétiquement ou atomiser les objets, Edith s’attache à relever leurs correspondances et similitudes, à trouver ce qui les réunit pour mieux les définir globalement, à comprendre leur existence en tant qu’« autre modèle de fonctionnement de l’œuvre d’art ».

Productions et principales réalisations publiques récentes

Si ces créations particulières constituent indubitablement des « territoires supplémentaires d’indépendance », la caractéristique géographique, la carte qui pose des limites rationnelles au monde et encore l’atlas comme modalité de représentation sont aujourd’hui une possibilité d’approche de ce champ visuel et de son extrême étendue.

En mars 2012, à l’ESDHaR / Campus de Rouen, un colloque intitulé « Un atlas de la micro édition : quelles routes pour quels enjeux ? » se fixe ainsi comme objectif de dresser un état des lieux des parcours empruntés par ces créations éditées dans les domaines de l’art et du design graphique. Soit encore dans le même temps, d’en identifier les différentes formes éditoriales, d’une frontière géographique à l’autre, en France comme dans le reste du monde.

La première forme de cet atlas de la micro édition intitulée pragmatiquement Atlas et confiée à deux artistes Jean-Michel Géridan et Quentin Bréant est une publication numérique en cours de réalisation. Atlas s’envisage en premier lieu comme un outil mis à disposition mais se présente également comme une œuvre évolutive inscrite de fait dans un double flux, celui de l’actualité de son domaine et celui de l’art. Une œuvre évolutive donc qui expose aussi ses réflexions notamment sur la représentation cartographique et intègre son auto-réflexion.

Atlas at last, une exposition, de mars à avril 2012 à l’ESADHaR / Campus de Rouen, qui s’appuie sur l’œuvre en forme de livre de Marcel Broothaers La conquête de l’espace : Atlas à l’usage des artistes et des militaires montre elle, les réalisations d’une trentaine d’artistes contemporains faisant écho à l’œuvre de 1975, tout en étant l’occasion de se présenter comme une réflexion sur les modes d’exposition des éditions papier. La plupart d’entre eux ont réalisé une œuvre spécifique, en forme de prototype potentiellement éditable. Un certain nombre de ces réalisations ont été produites sur place dans les ateliers d’impression de l’école d’art.
L’exposition et le colloque imaginés dans une complémentarité et simultanément témoignent bien pour le laboratoire Edith de l’importance de ne pas séparer recherche théorique et recherche plastique.

Précédemment, en 2009 et 2010, deux « résidences » de chercheurs du laboratoire Edith non publiques et d’une journée chacune s’étaient déroulées sur la Maison flottante. Le bâtiment d’acier, de verre et de bois conçu par les designers Bouroullec en 2006 a été le cadre de la mise en place de la dynamique qui caractérise aujourd’hui Edith. La spécificité d’un laboratoire en école d’art, sa nature collective, son activité tant théorique que plastique et son caractère de work in progress sont bien quelques années plus tard ses traits marquants.

Les trente et un artistes participant à l’exposition Atlas at Last sont :
Morgane Allais, Gilles Balmet, Sophie Bouvier Auslânder, Leïla Brett, Lucie Calmon, Aurore Chassé, Guillaume Constantin, Jean-Baptiste Decavèle,, Rodolphe Delaunay, Benoît Delbecq, Marceline Delbecq, Morgane Fourey, Gilles Furtwängler, Marina Gadonneix, Guillaume Ginet, Michael Gûnzberger, Rainier Lericolais, David Liaudet Tom Molloy, Hyojin Moon, Simon Nicaise, Guillaume Viaud, Morgane Fourey, Guillaume Raoult, Simon Nicaise, Hyojin Moon, Simon Nicaise, Elise Parré, Clara Prioux, Guillaume Raoult, Philippe Rekacewicz, Batia Suter, Cannelle Tanc, Franca Trovato, Olivier Vary. Guillaume Viaud. Et Marcel Broodthaers.

Organismes fondateurs :
l’ESADHaR (anciennement École Régionale des Beaux-Arts de Rouen et École Supérieure d’Art du Havre), CNEAI = (Centre National de l’Édition et des Arts Imprimés), Université de Haute-Alsace, Mulhouse.

L’équipe :
Responsables scientifiques : Dominique de Beir, artiste, professeure à l’ESADHaR / Campus de Rouen et Elise Parré, artiste, professeure à l’ESADHaR / Campus du Havre.

Chercheurs associés : Sylvie Boulanger, directrice du Cneai et de la collection Fmra, fondatrice du Salon light (Paris) / Océane Delleaux, maître de conférences en histoire de l’art contemporain et d’arts plastiques à l’IUT de Mulhouse (Université de Haute-Alsace), fondatrice de la revue et du site So Multiples. EtGilles Acezat, graphiste, professeur à l’ESADHaR / Campus du Havre ; Lucile Encrevé, historienne de l’art, critique d’art, professeur à l’ESADHaR / Campus de Rouen ; Guy Lemonnier, artiste, professeur à l’ESADHaR / Campus de Rouen ; Philippe Martin, artiste, professeur à l’ESADHAR / Campus de Rouen ; Yann Owens, artiste, professeur à l’ESADHaR / Campus du Havre ; Vanina Pinter, historienne du graphisme, commissaire d’exposition, journaliste, professeur à l’ESADHaR / Campus du Havre ; Catherine Schwartz, artiste, bibliothécaire à l’ESADHaR / Campus de Rouen ; Béatrice Cussol, artiste, professeure à l’ESADHaR / Campus de Rouen ; Fabrice Bourlez, professeur de l’ESADHaR / Campus du Havre

Suivre les activités de Edith

Blog du laboratoire : www.edith-labo.net

Plus d’informations sur le colloque international "Un atlas de la micro-édition : quelles routes pour quels enjeux ?", ici.

Plus d’informations sur l’exposition "Atlas at last", ici.